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Forfait-jours annuel et contrôle du temps de travail


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La mise en place d’un forfait annuel en jours dans les entreprises du BTP ne prive pas les salariés concernés de tous leurs droits en matière de limitation du temps de travail et de protection de la santé.

Les juges viennent régulièrement le rappeler en imposant notamment des contrôles renforcés aux employeurs avec l’obligation de vérifi er la conformité de leurs pratiques aux nouvelles exigences jurisprudentielles.

Les entreprises recourant au forfait annuel en jours par application des conventions collectives nationales du BTP doivent créer un document individuel de suivi du temps de travail du salarié. Ce document peut être rempli par le salarié ou par sa hiérarchie.

Un entretien annuel doit être organisé entre le salarié et la hiérarchie portant sur l’organisation du travail, la charge de travail et l’articulation avec la vie personnelle et familiale.

Les conventions collectives nationales du BTP précisent de plus que l’organisation du travail des salariés en forfait jours doit faire «l’objet d’un suivi régulier par la hiérarchie qui veille notamment aux éventuelles surcharges de travail et respect des durées minimales de repos». Cette formulation n’engage pas d’obligations précises pour l’employeur. Dès lors, la seule application à la lettre des textes conventionnels pourrait exposer l’employeur à l’annulation des forfaits annuels en jours mis en place dans l’entreprise.

Les juges ont récemment condamné une entreprise pour le recours à un forfait annuel en jours. L’entreprise avait appliqué les termes d’un accord d’entreprise dont le contenu a été considéré comme illicite.

L’accord d’entreprise prévoyait la mise en place d’un document de suivi individuel rempli par le salarié et d’un entretien annuel de suivi avec la hiérarchie. Or, pour les juges, cela ne permet pas un «suivi eff ectif et régulier par la hiérarchie des états récapitulatifs de temps travaillé transmis, permettant à l’employeur de remédier en temps utile à une charge de travail éventuellement incompatible avec une durée raisonnable».

Les entreprises du BTP sont susceptibles de mettre en place des forfaits annuels en jours sans s’appuyer sur les termes des conventions collectives nationales du BTP, en négociant un accord d’entreprise.

Cet accord d’entreprise doit alors lui-aussi se conformer aux exigences légales et jurisprudentielles pour éviter la remise en cause des forfaits annuels en jours appliqués dans l’entreprise.

Il est obligatoire que l’accord mentionne les modalités selon lesquelles l’employeur assure l’évaluation et le suivi régulier de la charge de travail du salarié (et ceci avec une périodicité supérieure à une fois par an), les modalités permettant des échanges réguliers entre employeur et salarié sur la charge de travail du salarié, sur l’articulation entre son activité professionnelle et sa vie personnelle, sur sa rémunération ainsi que sur l’organisation du travail dans l’entreprise. Sans oublier aussi les modalités de l’exercice du droit à déconnexion pour le salarié !

Attention
L’illicéité des termes d’un accord d’entreprise ou d’une convention collective portant sur le forfait annuel en jours entraîne des conséquences majeures pour les entreprises. Chaque salarié en forfait annuel en jours est alors susceptible de saisir le conseil des prud’hommes pour demander au moins le paiement de rappel d’heures supplémentaires sur une période de 3 ans et un rappel de congés payés sur heures supplémentaires.