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Interview Manu Castro, Président des Boulangers


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Très actif depuis deux ans à la tête de la fédération des Boulangers des P.O, Manu Castro fait le point sur les projets à venir de ce syndicat en pleine mutation.

 

L’écho : Manu, vous lancez courant septembre le concours de la meilleure baguette des P.O. Pouvez-vous nous en dire plus ?

MC : C’est un moment très important, ça se fait dans d’autres départements et on a constaté que c’est un bon moyen pour mettre à l’honneur notre métier. On doit gagner la guerre sur la qualité de nos produits et sur la communication. On va permettre au gagnant d’avoir une belle exposition médiatique, et de servir la Préfecture. Au-delà de ça, c’est l’occasion de redonner de la fierté aux artisans ; on fait des produits magnifiques, il faut le faire savoir. Le jury sera composé de personnalités reconnues pour leur engagement en faveur de la gastronomie. Ça va être un bel événement.

 

L’écho : Vous avez aussi intégré un groupe de travail au niveau national, la commission « Regain ».

MC : La première fois que je suis allé voir les représentants nationaux, j’étais très remonté et je trouvais que la fédération était déconnectée de la base. Je pense que mon intervention a dû les interpeller car quelques mois plus tard ils ont lancé un grand chantier pour revoir complètement le rôle d’un syndicat professionnel. Aujourd’hui on avance vers un syndicat qui rend de plus en plus de services à ses adhérents. Un boulanger qui paie sa cotisation veut en avoir pour son argent. C’est le cas chez nous puisqu’il a tout un accompagnement sur le droit social, le document unique,  sur ses problèmes avec le RSI, pour son bail commercial, pour la cession de son entreprise. Et puis il intègre un réseau. Souvent quand on finit une réunion je vois que les gens ne veulent pas partir, on reste entre nous, on échange sur nos problèmes, on voit ce qu’ont pu faire les autres… On est en train de changer complètement de façon de fonctionner et ça se ressent avec un nombre d’adhérents qui a été multiplié par 3 en quelques années.

 

L’écho : Vous avez aussi pris des rendez-vous avec tous les élus du département.

MC : Oui, à la rentrée on va voir les députés les sénateurs etc. On va continuer à leur expliquer les problèmes auxquels on se heurte. Le principal reste le coût de la main d’œuvre car dans notre métier on travaille « à la main ». Ce sont nos métiers de l’Artisanat qui portent l’emploi dans ce département. D’ailleurs, en toute logique on devrait créer une surtaxe aux industriels du pain parce qu’en utilisant leurs lignes automatisées ils n’emploient pas de main d’œuvre. Si tout le monde fonctionne comme eux, on vend des baguettes à 35 centimes, mais il y a trois fois plus de chômeurs. Au final, c’est la société dans son ensemble qui paie la facture, ce n’est pas normal. Et puis on rappellera à tous que le travail n’est pas un gros mot. On doit être fier de notre métier et les jeunes doivent comprendre qu’en venant travailler dans la boulangerie, plus qu’un métier, ils auront une passion. Il faut remettre l’Homme au centre.

 

L’écho : d’autres projets ?

MC : Je vais continuer à me battre pour qu’on favorise les artisans sur les nouveaux emplacements commerciaux : les meilleurs endroits sur un territoire doivent revenir à ceux qui travaillent à cet endroit et qui consomment sur place. C’est fondamental. Je me suis aussi impliqué au niveau de la fédération régionale, et je veux à présent que l’on fasse rentrer des jeunes au syndicat, ils doivent prendre en main leur avenir. J’ai la chance d’avoir de très bons collègues au bureau mais tout le monde doit savoir qu’on n’est pas un club fermé, au contraire : les bonnes volontés sont les bienvenues. Sinon, pour en revenir aux projets, en septembre on recommence notre campagne de publicité, comme chaque année dans l’Indépendant. On va renégocier avec la mairie de Perpignan et le conseil général pour avoir des affiches un peu partout. On fera en fin d’année le concours de la meilleure galette des rois et on prépare pour mai 2016 un gros événement qui mettra à l’honneur notre métier, on en reparlera.

Pour vous inscrire au concours :
04 68 34 59 34